Journal de bord à 78° N

SVALBARD

Récit d'un semestre à l'UNIS, à Longyearbyen, pour étudier les technologies arctiques et l’ingénierie des systèmes en environnements extrêmes.

Paysage du Svalbard

Toutes les photos en aléatoire

Épisodes de mon séjour

Articles

Article seul ↗ ville · longyearbyen Découvrir Longyearbyen Premières balades dans la ville

Longyearbyen est une ville d’environ 2500 habitants. Ses activités économiques principales sont le tourisme et la recherche scientifique.

On y trouve entre autres : l’UNIS, un hôpital, des écoles, une bibliothèque, une salle de sport (mur d’escalade, gymnase, musculation, piscine de 25 m), des musées, un magasin alimentaire principal et une épicerie, des magasins d’équipement outdoor, des restaurants, des bars, des hôtels, des cafés, un port, un aéroport, une remontée mécanique pour le ski, une résidence étudiante, des chenils pour les chiens de traîneau, des voitures l’été et des motoneiges l’hiver, une salle de spectacle…

Une petite vie bien organisée, mais toutefois radicalement différente de celle que j’avais à Montréal !

Autre élément auquel s’adapter : en août le soleil ne se couche pas. Les gens mettent par exemple de l’aluminium aux fenêtres pour bloquer la lumière. Avant de venir, j’avais acheté un masque de sommeil qui s’est révélé très utile.

En somme, la ville est très jolie et à taille humaine. Les montagnes autour donnent l’impression de vivre dans une station de ski, tandis que les maisons multicolores rappellent la Norvège continentale.

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Article seul ↗ UNIS · université Première visite de l'université Découverte du bâtiment

L’UNIS dispose d’un magnifique bâtiment, à deux pas du fjord. L’intérieur étant tout en bois, l’ambiance y est très chaleureuse. C’est sûrement le plus grand bâtiment de la ville.

La vue depuis les salles de classe est splendide : montagnes enneigées, fjord et bateaux.

Depuis la résidence étudiante, il faut compter 3 minutes de marche pour s’y rendre.

L’université est très bien équipée : bibliothèque, laboratoires, salles de cours avec écrans interactifs, salle commune organisée autour d’une cheminée, cafétéria pour les déjeuners, auditorium, entrepôt pour la logistique…

Comme partout en ville, les chaussures sont bannies à l’intérieur. Dans l’entrée, il y a donc un sas avec des casiers pour déposer les chaussures et enfiler ses chaussons les plus confortables.

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Article seul ↗ vol · voyage Le vol vers Longyearbyen À couper le souffle

Vol de 3 h entre Oslo et Longyearbyen.

À bord, nous étions de nombreux étudiants de l’UNIS, un vrai (Air)bus scolaire ! Nous avons commencé à faire connaissance en salle d’embarquement.

Assise à côté d’Helena, une dame vivant à Longyearbyen la moitié de l’année, nous avons bien discuté durant le vol. Elle m’a transmis ses connaissances sur l’île, la ville et la culture locale. Malgré un nombre incalculable d’allers-retours au Svalbard, elle était toujours aussi émerveillée par la vue depuis le hublot.

Et je peux la comprendre, la vue était effectivement à couper le souffle.

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Article seul ↗ oslo · voyage Oslo 3 jours à Oslo avant d'embarquer pour le vol vers Longyearbyen

Pour me rendre au Svalbard, j’ai pris 3 vols depuis Montréal.

Montréal - Lisbonne - Oslo - Longyearbyen.

Pour attendre le 3ème vol vers Longyearbyen, j’ai décidé de passer quelques jours à Oslo. J’ai séjourné dans un tout petit airbnb du 4 au 7 août 2026. Il était très bien placé, fonctionnel et mignon. Quelle coïncidence, le propriétaire était aussi originaire de Nîmes !

J’ai profité de mon séjour à Oslo pour m’imprégner de l’ambiance de la ville et pour manger des choses qui seraient difficiles à trouver à l’unique boutique du Svalbard : pizza, fraises fraîches, pita au poulet, sushi, riz sauté…

Faire les boutiques et acheter ce qui me manquait pour le Svalbard a été une activité qui m’a bien occupée également (produits d’hygiène, vêtements de sport…).

J’ai aussi visité beaucoup d’intérieurs car la météo était pluvieuse. La grande bibliothèque m’a notamment abritée alors que je travaillais sur ce site même.

Un matin, je suis allée faire mon footing au parc Vigeland. J’ai savouré les rayons de soleil chauds sur ma peau, l’herbe humide et l’ombre des arbres. Je savais que je n’allais pas revoir tout cela avant longtemps.

En somme, j’ai beaucoup aimé mon séjour à Oslo ! C’était une ville très agréable, qui m’a charmée malgré la pluie et ses prix élevés.

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Article seul ↗ Avant départ Pourquoi je suis partie au Pôle Nord ? D'où vient ma passion et comment j'ai réussi à partir étudier au Svalbard, à l'UNIS.

Depuis plus de 7 ans maintenant, j’ai développé une grande passion pour les régions polaires et les missions scientifiques qui y sont menées.

Très niche comme centre d’intérêt me direz-vous !

Tout a commencé avec ce livre : Un hiver en Antarctique. Récit d’un astrobiologiste qui a passé un an dans la station franco-italienne Concordia, au cœur de l’Antarctique. J’ai été fascinée par son expérience.

J’ai pourtant plongé tête la première dans l’univers des régions polaires. J’ai consommé toutes les ressources que je trouvais sur le sujet (livres, podcasts, films, vidéos YouTube, expositions, magazines, conférences…). Toutes ces ressources ont accru mon intérêt pour ces régions et les opérations qui s’y déroulent et m’ont donné envie d’y contribuer à mon tour.

Seulement, lancée sur une trajectoire scientifique très classique : classe préparatoire suivie d’une école d’ingénieur en informatique et aéronautique, il fallait se creuser la tête pour trouver de la place et du lien entre mon parcours et ce domaine.

Alors j’ai fait des tentatives plus ou moins fructueuses. Par exemple, j’ai candidaté auprès de l’Institut Polaire Français Paul-Émile Victor (IPEV) pour effectuer un de leurs volontariats de service civique. J’ai aussi pris contact avec le personnel et d’anciens hivernants dans le but de demander des conseils.

Une fois l’École Nationale de l’Aviation Civile (ENAC) intégrée, j’ai tenté de mener un projet d’initiation à la recherche en tant que mineure choisie pour ma deuxième année. Le sujet aurait porté sur le rapport sociétal au transport aérien pour les communautés dans les régions isolées. Mais mon classement ne m’a pas permis de faire partie des 2 places du programme.

Je n’ai pas baissé les bras. J’ai finalement été acceptée dans 2 mineures qui m’intéressaient énormément (drones et entrepreneuriat). Alors j’ai tout de suite cherché à les lier à mon domaine de prédilection. Pour les drones, j’ai choisi un projet de mission de recherche et sauvetage en haute montagne pour le rapport final. Puis pour l’entrepreneuriat, j’ai lié mes connaissances sur les drones à une application aux régions isolées. J’ai conçu un projet de drone cargo opérable dans des régions isolées telles que les Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF) ou le Svalbard. Ce qui m’a donné l’opportunité de contacter du personnel de l’IPEV et d’anciens hivernants pour discuter de mon projet et de la faisabilité d’une telle mission.

Qu’est-ce que j’aime tant dans ce domaine ?

Dans ces missions, la notion d’aventure humaine est inhérente. Des équipes d’hommes et de femmes d’horizons multiples se rassemblent. En mettant leurs compétences en commun, elles parviennent à mener des projets des plus complexes et des plus ambitieux malgré des environnements hostiles. Ajouté à cette pluralité, les équipes doivent faire preuve de rigueur, de méthodologie et d’audace. C’est toute cette complexité humaine et technique qui me fascine. D’autant que dans une certaine mesure, on se rapproche fortement de ce qui est à l’œuvre dans les missions spatiales, et ça, ça me fascine encore plus.

Entre septembre 2025 et août 2026, j’ai pris une année de césure. J’espérais utiliser ce temps pour mieux cerner mon projet professionnel et mon projet académique pour la rentrée dans ma dernière année d’études d’ingénieur en septembre 2026. J’avais déjà quelques pistes parmi les partenariats de l’ENAC. Notamment pour l’École Nationale des Ponts et Chaussées à Paris. J’étais intéressée par le double diplôme en transport et développement durable (TraDD) et le mastère en Design et ingénierie système (ME310). Je suis allée jusqu’aux entretiens.

Un jour de janvier 2026, je suis tombée sur le vlog de Victor sur LinkedIn. Il y raconte son semestre à l’UNIS, The University Center in Svalbard. Une université à la pointe dans les sciences polaires et arctiques : le top du top dans ce domaine, et surtout, une des seules spécialisée sur les pôles. J’en avais déjà entendu parler, mais puisqu’elle n’était pas dans les accords de l’ENAC, je n’avais jamais considéré l’option d’y postuler. L’ENAC étant plutôt strict sur les programmes d’échange, quasiment aucun élève n’était parti dans une université en dehors des partenariats de l’école jusqu’à présent.

Après le visionnage de sa vidéo, je me suis dit pourquoi pas. Ça avait piqué ma curiosité. J’ai alors pris contact avec Victor pour en apprendre plus sur ce qui l’avait amené à Longyearbyen.

Il n’en aura pas fallu beaucoup pour me convaincre. Je pense d’ailleurs qu’au fond de moi j’étais déjà convaincue, mais qu’il me fallait une petite étincelle pour me lancer.

Alors peu de temps après, j’ai choisi mes cours et j’ai postulé. Mon dossier sera finalement déposé fin février 2026 (relevés de notes, lettre de motivation et de recommandation, CV…).

Il fallait également négocier avec l’administration de l’ENAC pour faire valoir les 30 crédits ECTS du semestre d’études à l’UNIS. Après plusieurs mails et appels téléphoniques, mon échange a été validé ! Je n’en revenais pas, j’avais réussi à faire aller l’ENAC dans mon sens ! Moi qui avais eu l’impression d’être souvent freinée dans mes initiatives jusqu’à maintenant.

Un mois plus tard, le 31 mars 2026, j’ai reçu un mail de confirmation mentionnant que j’avais été acceptée pour mes trois premiers vœux ! Cf. photo ci-dessous.

Ni une ni deux, j’ai accepté définitivement mes vœux et j’ai envoyé des mails de désistement à l’École des Ponts.

Je commence aujourd’hui ce blog pour partager mon expérience à l’UNIS. Un semestre universitaire à l’étranger comme il y en a des milliers, avec des cours comme il y en a peu et dans un lieu qui n’existe nulle part ailleurs.

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